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MEDECINE ANTI –AGE
Nous sommes une des premières
générations de l’humanité
à pouvoir prendre en charge efficacement notre
vieillissement et pouvoir agir réellement sur ses
composantes, tant physiques (par notre apparence externe et le
fonctionnement interne de nos organes) que mentales et psychiques : la
médecine anti-âge est là pour cette
prise en charge.
Son essor a commencé
grâce à quelques pionniers en Europe et aux U.S.
il y a une dizaine d’années (Klatz, Hertoghe,...).
Face à l’allongement de la durée de vie
devenu inexorable et rapide (on gagne 3 mois sur une année
de vie actuellement !), avec l’aide aussi des
progrès fantastiques de la médecine et des
connaissances, il devenait nécessaire et indispensable de
coordonner les actions possibles sur le vieillissement. Finalement ce
défi posé à
l’humanité n’est plus seulement celui de
la durée de vie mais surtout celui de la qualité
de ces années. Si l’hygiène de vie nous
a fait gagner 10 ans et les antibiotiques environ 10 ans aussi ,
l’hormonologie peut nous donner encore une grande dizaine
d’années à elle seule.
La prochaine révolution
sera la thérapie génique. Notre temps est au
centre d’une phase clé pour la santé.
Si les médecins esthéticiens ont beaucoup fait
avancer la qualité de notre apparence extérieure,
il nous est possible d’augmenter notre bien être en
jouant sur nos équilibres internes. Nous y gagnons pour nous
mêmes, notre environnement familial et de travail. La
médecine anti-âge est au centre des
préoccupations de la médecine car elle est non
seulement curative mais surtout préventive, à un
haut degré. Elle détecte nos désordres
dès leurs débuts, alors que la
médecine traditionnelle traite les pathologies quand elles
sont installées. Quand nos carences n’ont pas
encore de traduction clinique, elles ont par contre
déjà un impact sur notre métabolisme
et une trace humorale qui peut être
repérée. C’est à ce signal
débutant que la médecine anti-âge
s’intéresse.
Une autre particularité de la médecine
anti-âge est la prise en charge du patient par lui
même. Il est actif au sens plein du terme. Il est attentif
à lui même et veut prendre en charge son futur,
corriger sa sénescence. Le vieillissement est un processus
complexe, multifactoriel.
Mais quand commence cette dégradation ?
Probablement dès 25
ans, pour la majorité des êtres humains ; 25 ans
est notre summum !
Plusieurs théories de la sénescence coexistent et
elles sont toutes complémentaires. Les cellules somatiques
disparaîtront, totalement. Seules les cellules germinales
sont immortelles. Citons parmi ces théories, celles qui
touchent nos gènes : 80% de notre génome serait
composé de rétrovirus endogènes, qui
codent encore...et nous fragilisent. La théorie des
mutations génétiques est connue : nos
gènes sont altérés par de nombreux facteurs,
(oxydation, UV, virus, bactéries...). La
réparation se fait de moins en moins bien. Citons celle du
vieillissement programmé avec la disparition des «
bouts de chromosomes » à chaque division.
C’est la célèbre théorie des
télomères. Nous pourrons peut être
bientôt recréer ces
télomères et probablement rapprocher nos cellules
de l’immortalité ! Rappelons également
la théorie de la diminution de nos capacités
immunologiques (le thymus a perdu 80% de sa masse à 70 ans),
la théorie de l’accumulation des
déchets (métaux lourds par ex.), celle de la
production des radicaux libres qui oxydent notre corps, à
chaque repas, à chaque exercice physique intensif par
exemple.
La production de radicaux libres engendre le stress oxydatif, processus
majeur du vieillissement, par altération de nos
protéines et altération de notre
génome.
Deux grands systèmes oxydatifs agissent :
- exogènes (virus, bactéries,
génotoxiques) et liés à notre
environnement (xéno biotiques comme les pesticides et les
insecticides qui peuvent se comporter comme des hormones)
- endogènes, par les systèmes de
défense cellulaire.
Pour
équilibrer le plateau et faire la balance oxydative nous
disposons de 2 moyens de lutte antioxydants :
- enzymatique (peroxydases,catalases, oxydases)
- non enzymatique (vit A, B, C, E) carotène,
flavonoïdes, Cu, Zn, Se...
La sénescence se caractérise par une
désadaptation fonctionnelle progressive. C’est le
concept de fragilité.
La réaction de l’individu, de l’organe,
de la cellule est inadaptée. La compensation n’est
plus efficace. Ceci entraîne un déficit des
équilibres internes. Un bon exemple est la
réaction au stress. La sécrétion de
cortisol, en vieillissant, est plus longue et plus forte,
inadaptée dans son amplitude. Elle est plus catabolisante
aussi, plus destructrice. Ainsi une des grandes
caractéristiques du vieillissement est que les hormones
catabolisantes (avec en tête le cortisol) ont leur
sécrétion beaucoup moins diminuée que
les hormones anabolisantes (hormone de croissance,
testostérone, estrogènes...). Il en
résulte un déséquilibre.
Le différentiel entre les deux types d’hormones se
creuse progressivement : on peut dire que l’on se «
consume ». De cet hypercorticisme latent découle :
immuno-suppression, hyperglycémie,
hyperlipidémie, ostéoporose...
Dans la sénescence, nous constatons tous une diminution de
la masse maigre au profit d’une augmentation de la masse
grasse, une diminution de l’eau corporelle ainsi
qu’une diminution de la force musculaire. Le niveau des
auto-anticorps augmente considérablement et cette
dysimmunité touche de nombreuses glandes endocrines.
COMMENT
AGIR PAR LA MEDECINE ANTI-AGE ?
1) Bien sur, par l’équilibre de notre
alimentation, qui est probablement un élément
central de lutte.
Celle-ci doit être suffisamment riche en vitamines (A, C, E,
B, K...) et en micro-nutriments (Zn, Fe, Se, Cu) qui
intéressent tant le fonctionnement de nos chaînes
enzymatiques et nous abritent du stress oxydatif. Il faut souligner ici
qu’un bilan de stress oxydatif
déséquilibré doit donner lieu
à un traitement pour corriger le risque cardiovasculaire et
le risque de cancer. Cependant la prudence, voire l’absence
de traitement semble nécessaire devant un bilan normal,
sinon nous prenons le risque d’être oxydant !
Appauvrir notre quantité de sucres : ceci est trop connu
pour en parler, sachant d’autant plus qu’une
campagne « low carb » débute en France.
Equilibrer en Oméga 3 et maintenir un rapport
Oméga6/Oméga3 proche de 5, alors
qu’actuellement nous avons 10 ou plus. Ces Oméga3,
que nous ne pouvons pas synthétiser, doivent donc venir de
notre alimentation (huile de colza et d’olive, poissons
gras...).
Limiter l’acide arachidonique contenu dans les viandes,
générateur d’inflammation.
Limiter les produits laitiers :
Les pays plus forts consommateurs de lait ont le plus de cancer du sein
et de maladies cardiovasculaires (Finlande, Norvège).
L’inverse est vrai aussi ! (Chine, Japon). Les plus forts
consommateurs de laitages ont aussi le plus de fractures ! Les
dérivés du lait favorisent grandement les
mycoses, qui, elles, sont consommatrices de certaines hormones, comme
la progestérone. Finalement, notre alimentation doit de
rapprocher de celle de nos ancêtres du
paléolithique ! C’est à dire limiter
les protéines grillées en tout genre, qui
contiennent des benzopyrénes, hautement
cancérigènes, limiter aussi les graisses
saturées. Enrichir nos repas en fibres, fruits,
légumes, dont le potassium et la charge alcaline
contrebalancent l’acidité, pour maintenir une
homéostasie favorable.
Citons enfin la restriction calorique dont les
bénéfices semblent importants sur la
longévité.
Maintenir moins 5% en dessous de son poids idéal serait
déjà un critère efficace.
2) Dormir ! suffisamment. 7 à 8 heures par nuit.
Ceci préserve notre mélatonine, le meilleur anti
oxydant pour notre cerveau.
Ceci préserve aussi notre hormone de croissance
sécrétée pendant le sommeil, dont les
bénéfices sont immenses : le sommeil paradoxal
est le garant de nos circuits de mémoire et
l’hormone de croissance est produite dans ce type de sommeil.
Ce sommeil préserve l’activité tonique,
limbique, celle du thalamus et de l’hypothalamus.
Il en découle, entre autre, des fonctions immunes optimales,
de lutte contre notre environnement (virus, bactéries).
3) Faire de l’exercice physique
Autour de 3 ou 4 heures par semaine, à un rythme
adapté en fonction de l’âge, mais dont
la durée doit être environ celle-ci, au risque de
devenir oxydant si on la dépasse trop.
Cette activité physique maintient les fonctions cardiaques
et pulmonaires, facilite la fonction rénale, conserve la
masse musculaire et limite la masse grasse.
4) Equilibrer nos hormones
Certaines hormones ont des impacts très puissants sur notre
corps. C’est par cette optimisation que nos fonctions seront
conservées au mieux.
N’oublions pas que les hormones sont des
neuromédiateurs (DHEA, testostérone
estrogènes, cortisol...). A ce titre leurs rôles
dans l’humeur , la gestion du
stress,l’anxiété et la
dépression par exemple, sont centraux et nous connaissons
maintenant les modulations possibles dans les 4 systèmes
cérébraux : Gaba , sérotoninergique,
dopaminergique et cholinergique.
La compréhension des balances hormonales est bien meilleure,
rapide et efficace.
Que
surveiller ?
a) La thyroïde, centrale, orchestrale, régulatrice,
qui par correction de ses carences permet de stimuler et de
réveiller d’autres glandes. Celles-ci sont
« ensommeillées » par le
myxœdème (par exemple les surrénales,
les ovaires, les testicules).
Selon Barnes, 40% de la population actuelle des pays occidentaux serait
en hypothyroïdie ! Cette dernière est
réellement une affection sous estimée.
Elle est l’actrice du tonus matinal, elle agit fortement sur
l’immunité, et sur l’humeur.
En dehors de son action sur le métabolisme et le
cholestérol, son implication dans les pathologies
cardiovasculaires, dont coronariennes, est très grande.
b) Les surrénales qui produisent cortisol, DHEA,
prégnenolone, aldostérone.
La DHEA est le stéroïde le plus abondant du corps,
véritable pro hormone à part entière :
utile pour l’os, l’immunité, les
muscles, luttant contre les infections, aidant grandement à
restaurer la libido par le biais de la testostérone. Il
reste à 60 ans environ 15% seulement de notre taux
à 25 ans !
La DHEA est 15 fois plus abondante dans le cerveau
qu’ailleurs et l’on sait maintenant qu
‘elle y est protectrice de nombreuses fonctions.
Le cortisol ensuite, hormone de survie puisqu’ on ne peut pas
vivre plus de 24h sans cortisol, est l’hormone de lutte
contre le stress .Il participe à la régulation de
la glycémie.
Cependant son importance dans la sénescence est surtout
liée à son action catabolisante, et à
une sorte d’amplification de son rôle
négatif.
c) Les hormones sexuelles (estrogènes,
progestérone, testostérone, androstenedione) sont
indispensables pour maintenir l’humeur, chez
l’homme comme chez la femme.
Leurs rôles métaboliques dans le cerveau sont
colossaux et ils sont un frein important au vieillissement pour
maintenir notre qualité de vie.
Leur effet sur les os et les structures vasculaires sont
très forts (ostéoporose, fragilité
vasculaire, artérite...).
La testostérone est apparue comme l’hormone de
l’amour dans les deux sexes et le maintien de son taux
optimal est le garant d’un équilibre.
d) La mélatonine, sécrétée
dans le cerveau pendant le sommeil, est la régulatrice de
notre horloge biologique. C’est également une
hormone parasympathique, donc relaxante.
Elle a une action sur le thalamus, l’hypothalamus et
l’hypophyse. Ceci lui confère un rôle de
premier ordre sur d’autres hormones qu’elle
amplifie (thyroïde, testo, GH) alors qu’elle diminue
le cortisol.
C’est un antioxydant majeur, dérivé du
tryptophane, via la sérotonine, qui joue un rôle
important pour notre température, probablement notre
puberté aussi.
C’est probablement un antidépresseur.
d) L’hormone de croissance enfin tant
décriée ! et pourtant...
Elle est dite « fontaine de jouvence ».
Elle est essentielle par sa simple action sur de nombreuses hormones
qu’elle potentialise (thyroïde augmentée
de 30%, testostérone idem...)
Elle améliore la masse maigre de 15% et diminue la masse
grasse d’autant.
Son effet sur le mental et la qualité de vie est
certainement son effet majeur.
Elle apporte un bien être réel , un confort de vie
important.
Elle joue sur les os, l’immunité,
l’humeur, la peau, la sexualité.
e) Il faut également parler de la restriction calorique, qui
est certainement un facteur d’accroissement de la
longévité, par limitation des
phénomènes d’oxydation.
Moins de calories empêche la baisse de certaines hormones
dont l’hormone de croissance, et semble ralentir
l’apparition des tumeurs.
En conclusion, disons que la médecine anti-âge est
arrivée à maturité de ses grands axes.
Elle permet d’améliorer grandement la
qualité de vie de nos patients, pour eux mêmes,
par leur aspect physique, leur forme, avec une musculature
conservée, un sommeil long et de qualité, une
libido certaine et une sexualité enrichissante et
très satisfaisante, une optimisation du mental, par son
énergie, son humeur, par la restauration et /ou la
conservation de la mémoire, la prévention de
pathologies.
Cette qualité de vie préservée, que
nous voulons tous, est au centre de la médecine
anti-âge, avec en premier lieu , la sauvegarde de notre
cerveau.
Claude Dalle – Président de
l’association française d’anti-aging
(AFAA)
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