Les cinq clés de
l'équilibre alimentaire : diversité,
variété, structure, densité,
fréquence
LA DIVERSITE
On appelle diversité
alimentaire la consommation journalière d'aliments
appartenant à chacune des
différentes catégories d'aliments que nous
connaissons tous de façon empirique
: produits céréaliers, fruits,
légumes, produits laitiers,
viande-poisson-oeufs.
La consommation d'aliments
appartenant à ces 5 catégories
au cours de la journée permet d'établir l'indice
de diversité maximale (indice
5). L'enquête ASPCC (Rigaut et al., 1997) a montré
que la diversité alimentaire
permettait une meilleure couverture des besoins nutritionnels ; ainsi
en
comparant les ingesta de 670 personnes ayant un indice de
diversité égal à 5
avec ceux de 466 personnes dont l'indice étudié
était faible (indice 3 ou
moins), les apports sont constamment supérieurs dans le
premier groupe de
sujets, sauf pour les vitamines ubiquitaires (B2, B6) et le fer. Cela
est
particulièrement net pour le carotène, l'acide
folique et la vitamine C :
lorsque la diversité alimentaire est faible, ce sont
fréquemment les fruits et
les légumes qui sont oubliés.
LA
VARIETE
On appelle
variété
alimentaire la consommation journalière d'aliments
différents au sein d'une
même catégorie.
Il est facile
de
comprendre que diversité et variété
jouent un rôle important dans la couverture
des besoins pour l'ensemble des micronutriments puisqu'aucun aliment,
en dehors
du lait maternel qui couvre tous les besoins du nouveau-né,
ne peut apporter
tous les nutriments nécessaires au bon fonctionnement de
l'organisme. Qui plus
est, en mangeant des aliments différents, on limite les
risques d'ingestion
d'une grande quantité de facteurs néfastes
à la santé, tels que les facteurs
antinutritionnels ou les contaminations. Enfin, il est à
noter que le
rassasiement sensoriellement spécifique (qui se
caractérise par un rassasiement
portant sur un aliment particulier tandis que l'appétit va
s'éveiller pour un
nouvel aliment jusqu'à ce que le rassasiement mette fin au
repas), favorise la
diversification alimentaire et donc une meilleure couverture des
besoins
nutritionnels.
LA STRUCTURE
DES REPAS
La structure
des repas,
représentée par la succession des divers plats
composant un repas traditionnel
(entrée, plat de résistance composé de
viande ou de poisson garnis, laitage
et/ou dessert), peut être particulièrement
favorable à la couverture des
besoins nutritionnels si cette structure assure dans le même
temps diversité et
variété alimentaires. Malheureusement, la
tendance est à la simplification et
l'on voit de plus
en plus souvent les repas se constituer
exclusivement d'un plat principal ou d'une entrée et d'un
dessert. Or il est
difficile de concilier simplification et équilibre
alimentaire... Que cela soit
par souci de gagner du temps, ou pour réduire l'apport
énergétique, cette
simplification risque de déboucher sur une perte de
repères pourtant pleins de
bon sens, l'installation de carences alimentaires et, paradoxalement,
l'obésité. La simplification de la structure des
repas va souvent de pair avec
la destructuration de la ration alimentaire sur la journée.
On mange dès lors
n'importe quoi à n'importe quelle heure et en n'importe
quelle quantité, ce qui
peut aggraver les problèmes de surpoids, les
problèmes nutritionnels et les
problèmes comportementaux avec toutes les complications et
les souffrances
physiques et psychologiques qui y sont liées.
LA DENSITE
On distingue
la densité
nutritionnelle et la densité
énergétique. Les aliments à haute
densité
nutritionnelle sont les aliments qui contiennent une grande
quantité de
micronutriments protecteurs exprimée par rapport au poids,
au volume ou par
portion d'aliment.
Les aliments à haute densité
énergétique sont les aliments dont l'apport
calorique rapporté au poids ou au volume est
élevé.
Densité nutritionnelle et densité
énergétique sont loin d'être synonymes
!
Ainsi par exemple, les fruits et légumes ou encore le lait
ont une densité
nutritionnelle élevée tandis que leur
densité énergétique est faible car ce
sont des aliments riches en eau. Or la quantité d'aliment
consommée a une
grande influence sur le processus d'apparition de la
satiété ; on sera donc
rassasié si l'on a mangé une quantité
suffisante de nourriture, indépendamment
du nombre de calories qu'elle apporte. Il s'en suit qu'à
volume égal, des
aliments de densité énergétique
élevée conduiront à un apport
énergétique
global plus élevé au cours de la
journée. On voit donc que l'on peut manger
beaucoup et peu calorique, ou à l'opposé peu et
très calorique, selon les
aliments consommés. Dans le cadre des problèmes
de surpoids, on peut
fréquemment observer que les sujets ont une alimentation
assez monotone, qui
privilégie les aliments à forte
densité énergétique. La mise en place
d'un
régime alimentaire diversifié et varié
est donc déjà un grand pas en avant.
LA FREQUENCE
De
même qu'aucun aliment
n'est, en soi, mauvais pour la ligne, aucun aliment n'est mauvais, en
soi, pour
l'équilibre alimentaire ou la santé. Tout est
question de fréquence ou de juste
mesure : la consommation trop fréquente de certains
aliments, ou a contrario,
la consommation trop rare de certains aliments, ont toutes deux des
conséquences défavorables sur la
santé. On a trop souvent tendance à rechercher
un "aliment-bouc émissaire" responsable de tous nos maux. On
le
supprime éventuellement. Mais comme les maux persistent, on
en trouve un autre,
puis encore un autre, jusqu'à une limitation dramatique de
la diversité
alimentaire coïncidant avec une résignation du
sujet, qui ne voit vraiment plus
ce qu'il pourrait supprimer. Combien pensent à AJOUTER ce
qui est absent de
leur alimentation et devrait être présent ?
La conclusion
est toute
bête :
demandez vous depuis combien de
temps vous n’avez pas mangé de chou ? vert ? rave
? rouge ? brocoli ? de
Bruxelles ? chinois ? -navet ? -fleur ? romanesco ? 1 an ? 5 ans ? 10
ans ?
jamais goûté ? Il est totalement erroné
de penser que nos problèmes
alimentaires viennent exclusivement de ce que nous mangeons ; ils
viennent
aussi pour moitié de ce que nous ne mangeons pas !
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