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MENOPAUSE
La ménopause est un
phénomène naturel ; ce n'est pas une maladie.
Le terme ménopause signifie étymologiquement
"arrêt des règles", et désigne ainsi la
période qui survient au moment où les ovaires
arrêtent de produire les hormones de la reproduction :
l'estrogène et la progestérone.
La ménopause commence le plus souvent aux alentours de 50
ans. La prise d'une pilule contraceptive ne modifie pas l'âge
auquel la ménopause se produit naturellement.
Cette expérience propre à chacune est
vécue de façon très
différente selon les femmes, les pays et les cultures.
A
quel âge commence la ménopause ?
En France, la ménopause intervient en moyenne à
51 ans. Mais d'une femme à l'autre, cette étape
peut se produire naturellement entre 40 et 55 ans. Elle est
généralement avancée d'un an ou deux
chez les grosses fumeuses. De plus, certains facteurs
génétiques peuvent jouer. La date de survenue de
la ménopause est souvent la même pour une
mère et sa fille.
Comment
la ménopause m'affecte-t-elle ?
La ménopause peut s'accompagner de troubles plus ou moins
difficiles à supporter et favoriser le
développement de l'ostéoporose ou de maladies
cardiovasculaires. Les symptômes de la ménopause
varient d'une femme à l'autre, et chez une même
femme, ils varient dans le temps. Ils peuvent être
d'intensité différente et n'être pas
ressentis de la même façon par chacune.
Quels
sont les troubles dits "climatériques" de la
ménopause ?
Le climatère désigne la période des
changements endocriniens, physiques et psychologiques qui survient
à la ménopause. Les troubles
climatériques sont donc les troubles qui surviennent pendant
cette période. Les troubles "climatériques" ne
sont pas graves en eux-mêmes et ne présentent pas
de danger pour la santé. Ce sont notamment des
bouffées de chaleur,
une sécheresse vaginale, des troubles urinaires, des
troubles de l'humeur (irritabilité,
anxiété), des troubles du sommeil (insomnie). Ces
troubles sont inexistants ou très
modérés chez une femme sur deux. Lorsqu'ils se
manifestent, ils peuvent être pénibles et
difficiles à supporter. Leur durée peut varier de
quelques mois à plusieurs années.
Les
bouffées de chaleur
Il s'agit du symptôme le plus fréquent,
dû à l'arrêt de la production
d'estrogène par les ovaires. Les bouffées de
chaleur se manifestent par une sensation de chaleur parfois
accompagnée d'une rougeur de la peau, qui commence au niveau
du visage et du cou, puis s'étend vers le thorax et les
épaules, et éventuellement se
généralise. Chez certaines femmes, les
bouffées de chaleur s'accompagnent de sueurs intenses. Elles
peuvent survenir dans la journée ou pendant la nuit. Elles
sont sans danger mais peuvent être très
incommodantes.
Les
troubles vaginaux
La carence en estrogène survenant au moment de la
ménopause peut rendre la paroi vaginale plus fine, plus
sèche et moins "élastique". Les rapports sexuels
peuvent ainsi devenir inconfortables.
Les
troubles urinaires
Le contrôle de la vessie peut être moins bon, ce
qui peut provoquer de petites fuites urinaires, en particulier lors
d'efforts (éternuements, fous rires…). Il est
important de prendre en compte ce problème d'incontinence
dès qu'il apparaît afin qu'il ne s'accentue pas.
Les
modifications de la peau
La structure et la texture de la
peau sont influencées par les hormones sexuelles et par des
modifications biologiques plus générales
liées au vieillissement. Après la
ménopause, la peau devient plus fine et plus fragile.
La
prise de poids
Souvent, au moment de la ménopause, les femmes prennent du
poids et trouvent qu'il est plus difficile qu'auparavant de perdre ces
kilos.
La prise de poids n'est pas directement liée aux
modifications hormonales de la ménopause. Cependant, la
ménopause entraîne une modification dans la
répartition des graisses : elles s'accumulent
désormais plus fréquemment au niveau du ventre
qu'au niveau des cuisses et des fesses.
Les
autres troubles de la ménopause
Au moment de la ménopause, d'autres troubles peuvent
apparaître : maux de tête, sensation de grande
fatigue, troubles du sommeil, douleurs articulaires...
Certaines femmes peuvent parfois présenter une tendance
à la dépression. Il n'existe pas de preuve
formelle que la ménopause en elle-même puisse
provoquer une dépression ; cette maladie ne semble pas plus
fréquente à cette période de la vie
qu'à d'autres
moments.
Quelles
peuvent être les conséquences de la
ménopause sur la minéralisation de mon squelette ?
Après la ménopause, la perte osseuse
s'accélère car la capacité du corps
à produire du tissu osseux diminue. Les os deviennent plus
fragiles, à tel point que des fractures peuvent se produire
à la suite d'un traumatisme léger, notamment au
niveau du poignet et de la colonne vertébrale (tassement
vertébral), et plus tardivement au niveau du col du
fémur). Après 70 ans, une fracture du col du
fémur survient chez une femme sur six.
L'ostéoporose ne concerne pas toutes les femmes.
Cependant, ce risque d'ostéoporose augmente si :
· Votre ménopause
est survenue précocement ;
· Vous (ou vos parents) avez
des antécédents de fractures sans traumatisme
(chute…) à l'âge adulte ;
· Vous êtes
particulièrement maigre ;
· Vous suivez ou avez suivi
certains traitements (notamment par les corticoïdes) ;
· Vous fumez ou vous consommez
de l'alcool ;
· Vous avez un
déficit en calcium et/ou en vitamine D ;
· Vous êtes
sédentaire et avez peu d'activité physique.
Quels
sont les risques cardiovasculaires à la ménopause
?
Avant la ménopause, les femmes sont moins
exposées que les hommes aux maladies cardiovasculaires. A la
ménopause, cette protection relative diminue et le risque de
survenue de maladies cardio-vasculaires augmente
régulièrement avec l'âge.
Votre risque personnel dépend de la présence de
certains facteurs. Ainsi, vous avez d'autant plus de risque
d'être atteinte d'une maladie cardio-vasculaire que :
· Vous fumez ;
· Vous présentez un
excès de poids ;
· Vous avez des
antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire
;
· Vous souffrez de
diabète, d'hypertension artérielle ou avez un
taux de cholestérol élevé dans le sang
;
· Vous êtes
sédentaire.
Quels
sont les risques et les bénéfices des traitements
hormonaux substitutifs ?
Les bénéfices des THS sont doubles. Ils
concernent principalement le traitement des troubles du
climatère (bouffées de chaleur, sueurs, troubles
vaginaux et urinaires…) et la prévention de
l'ostéoporose et des
fractures (diminution de la perte
osseuse, réduction du risque de fractures du col du
fémur et de la colonne vertébrale). Les
bénéfices attendus concernant les troubles
cognitifs (troubles de la mémoire,
concentration…) ont finalement été
remis en questions.
Comme tout médicament, le THS a des effets
indésirables. Deux études anglo-saxonnes ont
ainsi mis en lumière une augmentation du risque de cancer du
sein et de maladies cardiovasculaires. A la lumière de ces
récents résultats, les indications des THS ont
été réévaluées
et les prescriptions sont désormais très
personnalisées.
Qui
peut bénéficier des THS ?
La décision de commencer un THS doit se prendre en
concertation avec votre médecin en fonction de votre
état de santé et de vos souhaits.
Si
vous avez des symptômes "climatériques"
incommodants
En cas de bouffées de
chaleur ou autres symptômes gênants
(c'est-à-dire qui perturbent notablement la
qualité de vie), un THS peut être
instauré, si vous le souhaitez, pour une durée la
plus courte possible. Après information claire sur les
risques, il réévaluera
régulièrement le traitement (au moins une fois
par an) avec la possibilité d'une suspension temporaire du
traitement, afin de contrôler la persistance des
symptômes et leur sévérité.
Si
vous avez des facteurs de risque d'ostéoporose
Le THS ne doit pas être
instauré systématiquement. Il existe d'autres
moyens de prévenir l'ostéoporose, en particulier
une bonne hygiène de vie, un régime riche en
calcium, et un apport suffisant en vitamine D. Seul votre
médecin peut décider de
l'intérêt de vous prescrire un THS, si vous avez
un risque élevé d'ostéoporose et donc
de fracture et à condition que vous n'ayez pas
toléré d'autres traitements indiqués
dans la prévention de l'ostéoporose.
Si
vous n'avez ni symptômes "climatériques"
incommodants ni facteurs de risque d'ostéoporose
Dans ce cas, il n'est pas recommandé de prendre un THS, la
balance entre les bénéfices escomptés
et les risques encourus n'étant pas favorable
Quels
sont les autres alternatives naturelles ?
Il existe des solutions alternatives pour atténuer les
symptômes de la ménopause. Homéopathie,
acupuncture, phytothérapie… les
médecines douces sont une possibilité. Mais une
possibilité qui peine à apporter la preuve de son
efficacité. Seuls les dérivés du soja,
et plus généralement les
phyto-oestrogènes, peuvent avoir une action sur les
bouffées de chaleur. Mais selon l'Afssaps, ils peuvent
présenter les mêmes risques que les
oestrogènes !
La fiabilité de ces produits n'est pas garantie et leur
sécurité n'a pas été
évaluée. Nous vous déconseillons donc
d'en prendre pour le traitement de vos troubles, tant qu'ils n'auront
pas reçu l'autorisation des autorités sanitaires.
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